EXPÉRIENCES À VITORIA-GASTEIZ

LA CITÉ MÉDIÉVALE, OÙ LA VIE EST UN SONGE

Vue du ciel, la Cité Médiévale de Vitoria-Gasteiz a la forme d’un œil en amande qui voit tout. Vue d’en bas, durant ma promenade, elle ne me déçoit pas : un joyau du Moyen Âge extrêmement bien conservé qui a valu à la ville trois prix Europa Nostra.

Vieille ville de Vitoria-Gasteiz

Je me perds dans ses rues, à la recherche des corporations d’artisans qui y travaillaient : forge, cordonnerie, coutellerie, sellerie,... Dans ces rues, on peut trouver certains des édifices les plus anciens et singuliers de la ville, comme une auberge médiévale en brique, aujourd’hui devenue le restaurant El Portalón. J’imagine des chevaliers et soldats partageant la table et le vin, tandis que la patronne de l’auberge sort les viandes rôties... Dans la rue Cuchillería, j’entre dans la Maison du Cordon, qui doit son nom au cordon de l’ordre franciscain sur sa porte, afin d’admirer à l’intérieur une belle voûte étoilée qui a fait sa renommée. Je me réveille de mon rêve historique lorsque j’arrive à la tour des Anda, un exemple de gothique-Renaissance. Construite au XVe siècle, cette tour est l’un des édifices les plus anciens de la ville et faisait partie, avec la cathédrale de Santa María, des murailles défensives.

Place de la Virgen Blanca

La tour étant habitée actuellement, il n’est pas possible de visiter l’intérieur, mais l’extérieur à lui seul est impressionnant. Deux palais de style Renaissance attirent mon attention, celui d’Escoriaza-Esquivel et celui de Montehermoso. Ce dernier est un centre culturel, que je vais visiter. Son extérieur est d’une élégance majestueuse qui me fascine. L’intérieur accueille des expositions, des ateliers et d’autres activités qui le rendent très vivant. Il y a mille coins à admirer, mais avant, je décide de m’asseoir sur la place de las Bullerías, après avoir serré dans mes bras la statue de l’ami Ken Follett, pour contempler les anciennes fortifications de Gasteiz et me plonger à nouveau dans un songe médiéval.

Statue de Ken Follet

ARTIUM, LES MILLE VISAGES DE L’ART MODERNE

Artium

La visite à Artium, le Centre-Musée Basque d’Art Contemporain, inauguré en 2002, est incontournable pour tout amateur d’art. Parmi la collection permanente d’œuvres qui m’attire comme un aimant, on peut trouver des noms mythiques comme Picasso, Dali, Oteiza, Chillida, Miquel Barceló, Cristina Iglesias ou Bill Viola. Il y a aussi toute sorte d’expositions intéressantes : peinture, documentaire, photographie, art-vidéo,... Ou encore des concerts, des présentations et des conférences interactives. On y offre aussi des cours et des ateliers pour tous les âges. Il convient de se renseigner sur son site web pour mieux profiter de la visite. Parfois, certaines des œuvres exposées sont associées à un plat de la gastronomie, qu’on peut ensuite déguster dans le restaurant Cube Artium.

Artium

Lorsque j’entre dans le musée, je regarde aussitôt vers le haut et je reste ébahie par l’énorme bulbe de verres présidant le vestibule de ce musée moderne dans tous les sens du terme. Ce que j’adore à Artium, c’est l’espace, ses vastes dimensions, un élément supplémentaire qui nous aide à apprécier les œuvres. S’y perdre est toute une expérience, pour éprouver les émotions que seul l’art nous procure. Leur donner un nom peut nous prendre toute la journée, mais cela vaut toujours la peine. Un conseil ? Asseyez-vous pour télécharger des photos et écrire sur les réseaux sociaux toutes les merveilles que vous avez vues ; à Artium, il y a wifi gratuit.

ANNEAU VERT, DE PARC EN PARC

Au lieu de remparts, la ville de Vitoria-Gasteiz est entourée de parcs, toute une déclaration d’intentions pour une ville qui a misé sur le « vert » et sur un avenir durable. Il s’agit aussi du meilleur accueil qu’on puisse offrir à ceux qui la visitent. Un Anneau Vert composé actuellement de six parcs à haute valeur écologique : Armentia, Olarizu, Errekaleor, Zabalgana, Zadorra et les zones humides de Salburua, chacun avec une personnalité propre.

Armentia

Il y en aura plus, car il s’agit d’un projet organique, vivant, qui continue à grandir, comme ses habitants et les propres arbres. Ils poussent ensemble, à l’unisson. Les six parcs sont entrelacés par des corridors écologiques et récréatifs, conformant à eux tous la meilleure protection pour leurs citoyens : un environnement propre et vert.

Je vais les parcourir en vélo, mais bien sûr il est aussi possible de le faire à pied : c’est une promenade très agréable et accessible. Je préfère profiter de leurs nombreuses pistes cyclables et des 47 rues à circulation modérée, où les véhicules ne peuvent pas dépasser les 30 kilomètres heure, afin de sentir l’air propre sur mon visage. Se promener dans cette ville est un plaisir. Ce n’est pas pour rien que Vitoria-Gasteiz a été déclarée Capitale Verte Européenne en 2012. La nature est ce que j’aime le plus au monde.

Vitoria-Gasteiz verte

C’est peut-être pour cela que je suis finalement tombée amoureuse de Vitoria-Gasteiz, car la nature, cette ville sait la décliner mieux que toute autre, en vous attrapant dans une symbiose verte.

ATARIA, LA PORTE DES ZONES HUMIDES

Le Centre d’Interprétation d’« Ataria » est la porte qui vous invite à mieux comprendre toute la richesse naturelle des zones humides de Salburua, le plus grand des parcs composant l’«Anneau Vert» de Vitoria-Gasteiz et dont la limite orientale touche la ville. Je m’y rends afin de décider quel parcours je vais effectuer à travers ce trésor naturel, défini comme zone humide «Ramsar» d’importance internationale et Site d’Importance Communautaire (SIC) au sein du Réseau Européen Natura 2000. À Ataria, on me fournit beaucoup d’information.

Ataria

Le parc, de 206 hectares, peut être parcouru à travers plusieurs itinéraires : il possède deux observatoires d’oiseaux - un paradis pour les amateurs d’ornithologie - et est formé de plusieurs lagunes, dont les principales sont celles d’Arkaute et de Betoño. En plus, Salburua remplit une fonction essentielle et très puissante d’épuration, en éliminant des substances nuisibles des eaux de l’aquifère quaternaire sur lequel elle est assise. La richesse de sa flore est plus qu’évidente et, parmi celle-ci, on trouve une grande extension de laiche des rives (Carex riparia), considérée comme la mieux conservée de la Péninsule Ibérique.

Ataria

Sauf un troupeau de cerfs, introduit artificiellement pour le contrôle de la végétation, toute la faune de la zone humide est d’origine sauvage. Salburua possède, avec 108 espèces, l’une des communautés de scarabées carabidés les plus importantes de la Péninsule Ibérique, ou des libellules menacées comme la Coenagrion mercuriale. Elle abrite aussi l’une des communautés les plus complètes d’amphibiens et de reptiles du Pays Basque, parmi lesquels on relève les tortues autochtones et, notamment, la grenouille agile, un joli petit amphibien qui vit dans le sous-bois de la chênaie et qui est menacé d’extinction dans la Péninsule Ibérique. Un autre habitant, l’un des mammifères les plus charmants et menacés, avec le lynx pardelle, de toute l’Europe, est le vison européen (Mustela lutreola). Sa conservation figure parmi les objectifs prioritaires de la gestion du parc.

Ataria

Tandis que je parcours les zones humides à travers une passerelle sur l’eau, je pense à l’importance de cet endroit pour la protection environnementale et, surtout, à la chance de ceux qui ont le plaisir de le visiter.